Les défenses accessoires
Dans le jargon de la fortication de campagne, le terme de “défenses accessoires” désigne l’ensemble des obstacles dressés au devant des tranchées pour se protéger des attaques ennemies. On y trouve principalement les réseaux de fil de fer (le plus souvent barbelé), mais aussi des abattis d’arbres, des chevaux de frises et toute une panoplie de pièges de petites tailles. La réussite d’une attaque implique la destruction par l’artillerie de ces obstacles. En cas d’échec, les troupes d’assaut se retrouvent stoppées dans leur progression et soumises aux tirs croisés des mitrailleuses.
Deux Poilus réparent un réseau de barbelés mis à mal par les tirs de l’artillerie ennemie. Ce genre de corvée était pénible et fréquent.
Lorsque l’on arpente les lieux des combats, il n’est pas rare de trouver encore des réseaux de défense. Il faut prendre garde de ne pas trébucher sur ces obstacles qui n’ont rien perdu de leur efficacité.
Illustrations tirées d’un manuel de fortification de campagne de 1915. Il décrit la façon de tendre des fils de fer sur des piquets en bois pour réaliser un réseau de défense.
Au début du 20ème siècle les fils de fer utilisés n’étaient pas toujours barbelés mais ils le devinrent rapidement. On les appelait aussi “ronces artificielles”.
L’ancien fort allemand de Mutzig (67) est toujours protégé par un dense réseau de barbelés et de pieux métalliques.
Une “queue de cochon”dépasse dangereusement du sol. Ce piquet doit son surnom à la forme hélicoïdale de sa partie enterrée. Les deux boucles visibles sur la photo servaient au passage des fils de fer. L’extrémité du piquet est acérée ce qui augmente la dangerosité de l’obstacle. Sur la photo de gauche, un officier allemand pose à coté d’un tas de queues de cochons. Ce modèle de piquet était très employé par tous les belligérants
HARTMANNSWILLERKOPF (68) Deux rares exemplaires de piquets électrifiés. La base des piquets en bois est enduite de goudron pour assurer l’isolation du courant.
Différents types de piquets à fil de fer. A gauche un modèle en cornière vrillée. au milieu et à droite deux queues de cochon.
Partiellement enterré, un rouleau de fil de fer barbelé.
Des Poilus déroulent une bobine de fil de fer pour renforcer les défenses d’une tranchée.
On a l’impression que ce type de matériel n’intéressait pas les ferrailleurs qui nettoyaient les anciens champs de bataille après la guerre.
Un réseau Brun est une grosse bobine de fil de fer qui se déploie pour former un obstacle en forme de cylindre. Ce matériel à l’avantage d’être d’un transport et d’un déploiement très aisé. On l’employait spécialement pour fortifier une position conquise, ou pour obstruer un passage ou une brèche.
Un élément de réseau Brun à un diamètre de 1,30 mètre . Déployé il peut atteindre 30 mètres de longueur. Trois éléments assemblés de cette manière constituent un obstacle très efficace.
TETE DE FAUX (68) Des chevaux de frise encore en place. Ils sont constitués de chassis métalliques sur lesquels sont tendus du fil de fer. Ils sont utilisés pour réaliser des obstacles mobiles ou lorsqu’il n’est pas possible de planter des piquets.
Des chevaux de frise réalisés à l’aide de rondins.
Les chevaux de frise en bois on complètement disparu des anciens champs de bataille, mais ceux en métal sont encore nombreux.
J-B Laplagne
J-B Laplagne
Le champ de bataille oublié du Hilsenfirst recèle encore de nombreux vestiges de la guerre de position. Ces hérissons sont de redoutables pièges aux pointes effilées. A peine visibles parmi les branches et les feuilles, ils constituent toujours un danger pour le promeneur distrait.
De toute évidence, du fil de fer a été fixé à cet arbre. Il a continué à pousser malgré la présence de ce corps étranger, à présent prisonnier sous l’écorce.
Une équipe de Poilus en bras de chemise confectionne des bobines de barbelés dans un camp situé à l’arrière du front. Elles seront transportées et posées en première ligne durant la nuit.
Cette bobine est abandonnée parmi les gravats d’un ouvrage ruiné de Verdun.
Cette autre a été déterrée lors de travaux forestiers dans les Vosges.
Adossé contre un arbre, un rouleau de fil de fer non barbelé.
Pour améliorer leur efficacité, l’extrémité de certains piquets métalliques est façonnée en forme de pointes et de crocs. Leur forme rappelle certaines armes d’hast médiévales.
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