LANGE MAX ET PARISERKANONEN
LES LANGE MAX Le S.K.L. 45, surnommé Lange Max (Max le long) est un canon à grande portée. Il est né de la récupération de tubes de canons de 380 mm, prélevés sur des navires désarmés ou non terminés. Ces tubes adaptés sur des affûts spéciaux et des plateformes en béton, constituèrent des armes redoutables dont la portée dépassait 40 km. Ils furent principalement employés à terroriser les populations civiles en bombardant les grandes villes situées à l’arrière du front.
Cette carte postale représente l’un des quatre Lange Max qui composaient la batterie côtière “Deutchland”, en Belgique. Il s’agit là d’un cas particulier puisque ces canons ne tiraient pas sur des villes, mais sur des navires.
LOISON (55) A la fin de 1914, deux Lange Max furent installés pour bombarder le camp retranché de Verdun. Le premier se trouvait en bordure de la forêt de Spincourt. On peut toujours y voir cette plateforme qui supportait un modèle équipé d’un affût expérimental (anschiessgerüst).
On trouve un peu plus loin les vestiges de la seconde pièce. Afin d’augmenter la portée des canons, ces plateformes étaient inclinées de 5°, ce qui permettait d’envoyer à une distance de 27 000 mètres un obus de 750 kg.
Une vue arrière de cette seconde plateforme. On remarque au premier plan les vestiges d’un bouclier en béton pulvérisé. Le massif à l’arrière est un abri parfaitement conservé. Ces deux canons tirèrent à partir de 1915 une centaine de coups chacuns sur le fort de Douaumont, le secteur de Vaux et la ville de Verdun.
DUZEY (55) Un troisième Max fut installé pour bombarder Verdun. Contrairement aux deux premiers modèles, celui ci était équipé d’un affût qui permettait une rotation du canon de 144° (Bettungsschiess gerüst). C’est la raison pour laquelle l’encuvement à cette forme en hémicycle.
Une soute à munitions et un wagonnet qui permettait le transport des obus et des charges propulsives.
Une autre soute à munitions. Le site très bien restauré est balisé et facilement accessible.
Entrée d’un abri qui semble s’enfoncer profondément sous terre. Il devait être destiné au personnel de la pièce. A l’arrière plan on distingue un obus de 380.
ZILLISHEIM (68) Encuvement de la pièce qui tirait sur Belfort.
COUCY-LE-CHATEAU (02) Le site a été nettoyé, malheureusement, les constructions annexes ont disparu.
HAMPONT (54) Un autre emplacement perdu dans la forêt et envahi par la végétation. Ce canon tirait sur Nancy.
L’entrée d’un abri souterrain.
Certains éléments de cette batterie sont tellement dégradés qu’il est difficile de dire avec certitude quelle était leur fonction .
SEMIDE (08) Cet autre emplacement de Lange Max est moins connu et isolé au milieu des cultures. Le canon était braqué sur Sainte-Menehould.
Une soute à munition sous laquelle s’enfonce une voie ferrée à écartement réduit.
Quelques mètres plus loin on trouve un abri souterrain pour les artilleurs. Il est vraiment déplorable que ce site soit laissé dans un tel état d’abandon.
Serge HOYET
BRECY (02) A partir de 1918, les Allemands remplacèrent l’encuvement en béton par un caisson métallique démontable (Bettung mit Eisenunterba). Ce procédé permettait une mise en batterie et un démontage plus rapide du canon. Ce caisson, installé dans le bois du Châtelet a disparu, mais on peut toujours voir la fosse circulaire où il se trouvait. Ce Max a tiré 141 obus sur les villes de Meaux, Coulommiers et Montmirail.
LES PARISERKANONEN On peut considérer ces canons géants comme l’une des armes les plus secrètes de la Grande Guerre. Nés de la transformation de Lange Max, ils tiraient à la distance phénoménale de 120 km. sur Paris. Ils firent de nombreuses victimes dans la capitale, mais ne provoquèrent pas la panique escomptée par les Allemands. Les Parisiens lui donnèrent le surnom de Grosse Bertha ( à tort d’ailleurs, puisque la Grosse Bertha était en réalité le nom d’un obusier complètement différent ). Construits et employés dans la plus grande discrétion, ils n’ont jamais été capturés et les photos sont rares.
CREPY-EN-LAONNOIS (02) Trois Pariserkanonen (aussi appelés Wilhelmgeschütze) furent installés dans le forêt de Saint-Gobain. Il ne reste plus aujourd’hui que l’encuvement circulaire en béton de la position n°1. Le 23 mars 1918, le premier d’une longue série d’obus s’abattit sur Paris, place de la République. Puis, profitant de la progression de l’armée allemande, les pièces furent rapprochées de leur objectif et tirèrent de Beaumont-en-Beine et Fère-en-Tardenois. Au total, plus de 400 obus ont été tirés, 351 atteignirent la capitale.
A quelques mètres de l’encuvement on trouve deux blockhaus qui devaient servir d’abris pour les artilleurs ou de poste de commandement. Les munitions étaient acheminées par une voie ferrée.
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